Vendre ou acheter un bien immobilier implique des dates, des obligations et des périodes de latence qu’il est important de connaître pour éviter les mauvaises surprises. Le compromis de vente engage les deux parties et déclenche des délais légaux (notamment le délai de rétractation de dix jours pour l’acheteur) ainsi qu’une série d’étapes pratiques : obtention du prêt, vérifications juridiques et réalisation des diagnostics. Cet article détaille un calendrier type, les points de vigilance et une checklist pour préparer les pièces nécessaires.
Du compromis à l’acte : les grandes étapes
La chronologie classique comporte quatre étapes principales : acceptation de l’offre, signature du compromis, période d’instruction (notamment pour le prêt) et signature de l’acte authentique chez le notaire. Voici un repère de durée moyenne pour chacune.
| Étape | Délai moyen | Remarque pratique |
|---|---|---|
| Acceptation de l’offre | 1 à 14 jours | Permet de rassembler pièces et de fixer rendez-vous pour le compromis |
| Signature du compromis | Dans le mois suivant l’accord | Déclenche le délai de rétractation de 10 jours pour l’acheteur |
| Instruction du prêt bancaire | 30 à 60 jours (parfois 90) | La clause suspensive d’obtention du prêt est essentielle |
| Acte authentique chez le notaire | 6 à 12 semaines après le compromis | Variable selon obtention des pièces et mainlevée d’hypothèques éventuelles |
Le délai de rétractation et sa portée
Depuis 2015, l’acheteur non professionnel dispose d’un délai de rétractation de dix jours à compter de la première remise du compromis. Pendant ces dix jours, l’acheteur peut se désengager sans motif et sans pénalité. Ce délai est strictement légal et commence à courir dès que l’acheteur reçoit le document signé ou la notification écrite. Il n’est pas possible pour le vendeur de le raccourcir.
La clause suspensive d’obtention du prêt
La plupart des acheteurs conditionnent l’achat à l’obtention d’un prêt immobilier. La clause suspensive précise le délai accordé pour obtenir l’offre de prêt et les modalités en cas de refus total ou partiel. Il est courant de prévoir 30 à 60 jours, mais en pratique les banques peuvent demander davantage de temps si le dossier est complexe. Si la clause est activée et le prêt refusé, l’acheteur est libéré sans pénalité et le dépôt de garantie doit être restitué.
Que faire en cas d’offre partielle ?
Si la banque propose un financement inférieur au montant demandé, deux options s’offrent aux parties : renégocier le prix ou l’acheteur complète le reste par un apport personnel. Il convient d’anticiper cette situation dans la rédaction du compromis en spécifiant les conséquences d’une offre partielle.
Le dépôt de garantie et la signature électronique
Au moment du compromis, un dépôt de garantie (acompte) est souvent demandé. Son montant oscille généralement entre 5 et 10 % du prix, mais rien n’empêche de négocier un montant différent. Le dépôt sécurise l’engagement mais reste sous conditions : en cas d’exercice du droit de rétractation ou de non-obtention de prêt dans les conditions prévues, il doit être restitué à l’acheteur.
La signature électronique est de plus en plus répandue et permet d’accélérer la procédure. Les notaires proposent des solutions sécurisées pour signer à distance, ce qui est particulièrement utile lorsqu’une partie est à l’étranger ou indisponible.
Pièces à préparer : la checklist pratique
Anticiper la collecte des documents est le meilleur moyen de respecter les délais. Voici une liste non exhaustive des pièces fréquemment demandées :
- Pièce d’identité et justificatif de domicile.
- Trois derniers bulletins de salaire, contrat de travail et dernier avis d’imposition.
- Relevés bancaires et justificatifs d’apport.
- Compromis projet, diagnostics techniques (amiante, plomb, termites, performance énergétique, etc.).
- Documents relatifs au bien : titre de propriété, carnets d’entretien, derniers procès-verbaux d’assemblée générale pour un lot en copropriété.
- Offre de prêt ou simulations bancaires lorsque disponibles.
| Document | Fournisseur | Moment conseillé |
|---|---|---|
| Pièce d’identité | Acheteur / vendeur | Avant la signature du compromis |
| Diagnostics immobiliers | Vendeur | Avant la signature du compromis |
| Bulletins de salaire et avis d’imposition | Acheteur | Au dépôt du dossier prêt |
| Titre de propriété et relevé hypothécaire | Notaire | Avant l’acte authentique |
Conseils pratiques pour accélérer la procédure
- Prendre rendez-vous rapidement avec un notaire dès l’offre acceptée pour vérifier la situation juridique du bien.
- Consulter un courtier pour accélérer la recherche de financement et obtenir des simulations fiables.
- Anticiper les diagnostics et les factures éventuelles (travaux à justifier) afin de ne pas bloquer la signature de l’acte.
- Prévoir une marge de sécurité (une à deux semaines) sur les délais transmis par la banque ou le notaire.
- Si urgence, négocier une clause d’accélération ou prévoir une date flexible pour l’acte authentique.
En résumé, même si le calendrier peut varier selon les situations, une préparation en amont, la rédaction claire des clauses suspensives et une bonne coordination avec le notaire et la banque réduisent considérablement les risques de retard. Prévoyez trois mois en moyenne entre compromis et acte, mais restez flexible et informé pour adapter ce calendrier à votre cas personnel.





