Déduire frais titres
- Contribuables concernés : on peut remplir la case 2CA si des revenus mobiliers ont été perçus et si l’option pour le barème progressif a été choisie.
- Frais déductibles : sont admis les frais justifiés de garde, de tenue ou d’encaissement liés directement aux valeurs mobilières, hors frais patrimoniaux.
- Report et justificatifs : totaliser, reporter en 2CA, garder justificatifs trois ans.
La case 2CA de la déclaration de revenus permet de déduire certains frais liés aux valeurs mobilières lorsque vous optez pour l’imposition au barème progressif (option 2OP) plutôt que pour le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Ce geste peut réduire votre impôt si vous avez supporté des frais de gestion, de garde, d’encaissement de coupons ou des frais similaires attachés à un compte‑titres ou, dans certaines conditions, à un PECet article explique qui peut remplir la case 2CA, quels frais sont admis, comment les calculer et les reporter, et propose des simulations chiffrées et une checklist pratique pour éviter les erreurs.
Qui peut remplir la case 2CA ?
Peuvent remplir la case 2CA les contribuables ayant perçu des revenus de capitaux mobiliers ou des plus‑values et ayant opté pour l’imposition au barème progressif (option 2OP). Si vous avez laissé s’appliquer le PFU (taux global de 30 %), les frais ne sont pas déductibles sur la même base ; l’intérêt de la case 2CA disparaît sauf si vous faites l’option pour le barème. Les comptes concernés sont principalement les comptes‑titres ordinaires et, de façon limitée, certains frais liés au PEA lorsqu’ils sont directement rattachables à la gestion des titres.
Quels frais sont déductibles ?
Les frais admis en déduction sont ceux justifiés et directement liés à la conservation, à la gestion ou à l’encaissement des revenus de vos valeurs mobilières. Exemples fréquents : frais de tenue de compte‑titre, frais de garde, commissions d’encaissement de coupons, commissions de mouvements (dans certaines limites) et, le cas échéant, une part des frais de coffre loué si l’utilisation est strictement liée à la conservation de titres. Les frais purement patrimoniaux ou liés à d’autres prestations non rattachables aux valeurs mobilières ne sont pas déductibles.
Exemples concrets
– Frais de garde : 120 € par an sur un compte‑titres, déductibles si mentionnés dans l’IFU ou sur le relevé bancaire.
– Frais d’encaissement de coupons : 30 € pour l’année, à reporter si vous percevez des coupons imposables.
– Frais de tenue de compte : 60 € annuels liés à la gestion des titres, déductibles.
– Location de coffre : déductible uniquement si vous pouvez démontrer que le coffre sert à la conservation des titres et non à d’autres usages.
Comment justifier et calculer les montants ?
Le point de départ est l’IFU (Imprimé Fiscal Unique) fourni par votre banque ou établissement financier, ou vos relevés annuels. Rassemblez toutes les factures et opérations présentant les frais. Additionnez uniquement les frais directement imputables aux valeurs mobilières. Conservez l’ensemble des justificatifs (IFU, factures, relevés) pendant au moins trois ans en cas de contrôle fiscal.
Pour les comptes multi‑prestations, il peut être nécessaire de ventiler les frais : par exemple, si la banque vous facture 300 € pour une prestation mixte, demandez la répartition ou appliquez une clé de répartition raisonnable et documentée (nombre d’opérations liées aux valeurs mobilières, temps passé, proportion du forfait). Les montants saisis dans la case 2CA doivent correspondre à ces justificatifs.
Pas à pas pour reporter les frais dans la déclaration
- Rassemblez l’IFU, relevés et factures relatifs à l’année de déclaration.
- Identifiez et totalisez les frais directement liés aux valeurs mobilières.
- Vérifiez que vous avez opté pour le barème (case 2OP si nécessaire).
- Reportez le total dans la case 2CA de votre déclaration en ligne ou papier.
- Conservez les justificatifs pendant trois ans au minimum.
Simulations chiffrées
Voici trois simulations simples pour estimer l’impact de la déduction des frais selon différents profils, en supposant que l’option pour le barème est retenue :
Profil A – Petit investisseur : frais annuels 120 €. Si votre tranche marginale d’imposition est de 11 %, la réduction d’impôt brute liée à ces frais sera approximativement 120 € x 11 % = 13,20 €. Si vous bénéficiez d’autres prélèvements sociaux ou abattements, le gain réel peut varier.
Profil B – Investisseur moyen : frais annuels 400 €. Tranche marginale 30 %, gain approximatif 400 € x 30 % = 120 €. Ce calcul suppose que l’intégralité des frais est imputable sur des revenus imposables au barème.
Profil C – Retraité percevant coupons : frais 200 €, tranche 14 %, gain 200 € x 14 % = 28 €. Ces estimations montrent qu’un montant de frais élevé est plus intéressant pour un contribuable dans une tranche élevée mais que l’effort administratif doit rester proportionné au gain attendu.
Erreurs courantes et conseils pour les éviter
Ne pas justifier les montants, inclure des frais non rattachables aux titres, ou oublier d’opter pour le barème sont les erreurs les plus fréquentes. Autres pièges : double comptabilisation (reporter un même frais ailleurs) et absence de ventilation pour les factures mixtes. Toujours conserver les documents justificatifs et, en cas de doute, demander une clarification à votre établissement financier.
Checklist avant envoi
- Avez‑vous rassemblé l’IFU et toutes les factures ?
- Avez‑vous totalisé uniquement les frais liés aux valeurs mobilières ?
- Avez‑vous opté pour l’imposition au barème si nécessaire (2OP) ?
- Avez‑vous porté le total exact en case 2CA ?
- Avez‑vous conservé les justificatifs pendant trois ans ?
En conclusion, remplir la case 2CA peut apporter une économie d’impôt intéressante lorsque les frais sont significatifs et que vous optez pour le barème progressif. Le travail principal consiste à rassembler et à justifier les montants. Si votre situation est complexe (multi‑comptes, factures mixtes, PEA partiellement concerné), n’hésitez pas à solliciter le service client de votre établissement financier ou un conseiller fiscal pour sécuriser vos calculs. Enfin, vérifiez toujours les règles en vigueur et les notices officielles de l’administration fiscale au moment de votre déclaration.





