Le prélèvement à la source (PAS) s’applique aussi aux revenus fonciers. L’administration fiscale calcule un acompte anticipé qui vise à prélever, chaque mois ou chaque trimestre selon votre option, une partie de l’impôt estimé sur vos loyers. Cet article explique de manière pratique comment s’établit cet acompte, quelles variables entrent en jeu, comment le moduler et donne des exemples chiffrés pour vous aider à vérifier que le montant prélevé est cohérent avec votre situation.
Principe général
L’acompte sur revenus fonciers est déterminé à partir des éléments figurant sur votre dernière déclaration de revenus. L’administration retient un taux appliqué à votre base imposable foncière afin de calculer l’acompte. Selon la date et la situation, le taux peut provenir de la déclaration N-1 ou N-2. Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS et contributions) sont calculés séparément et s’ajoutent à l’impôt sur le revenu si vous devez les acquitter.
Formule de base
La formule simplifiée est la suivante :
Acompte impôt = Taux PAS × Revenu foncier net
Où le Revenu foncier net correspond aux loyers encaissés sur l’année diminués des charges déductibles (régime réel) ou après application d’un abattement forfaitaire (régime micro-foncier).
Régimes applicables : micro-foncier et réel
Micro-foncier
Le régime micro-foncier s’applique automatiquement si vos revenus fonciers bruts n’excèdent pas 15 000 € par an et si vous n’êtes pas en location meublée. Un abattement forfaitaire de 30 % s’applique sur les loyers, la base imposable représentant donc 70 % des loyers perçus. Ce régime simplifie le calcul de l’acompte car il suffit d’appliquer le taux PAS à cette base forfaitaire.
Régime réel
Au régime réel, vous déduisez l’ensemble des charges réellement supportées : intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion, assurances, taxe foncière, etc. La base imposable peut être fortement réduite si vos charges sont importantes. Le taux PAS s’applique ensuite à cette base nette. Le régime réel nécessite de conserver justificatifs et factures mais permet souvent d’optimiser l’impôt si vous avez des charges importantes.
Prélèvements sociaux
Les prélèvements sociaux (taux d’environ 17,2 % pour la plupart des revenus du patrimoine) sont calculés sur la même base que l’impôt, mais ils ne sont pas prélevés au même titre que le PAS imputé sur le revenu. Dans la pratique, il faut ajouter une estimation des prélèvements sociaux pour connaître l’effort de trésorerie total lié aux revenus fonciers.
Exemples chiffrés
Voici quelques simulations simples pour reprendre les principes ci-dessus. Les taux sont donnés à titre indicatif et doivent être adaptés à votre taux personnalisé.
| Situation | Loyers annuels | Base imposable | Taux PAS | Impôt annuel | Prélèvements sociaux (≈17,2 %) |
|---|---|---|---|---|---|
| Micro‑foncier | 10 000 € | 7 000 € (abatt. 30 %) | 10 % | 700 € | 1 204 € |
| Régime réel (charges 4 000 €) | 10 000 € | 6 000 € | 10 % | 600 € | 1 032 € |
| Régime réel (charges élevées 9 000 €) | 15 000 € | 6 000 € | 15 % | 900 € | 1 032 € |
Modulation de l’acompte
Si vos revenus fonciers prévus diffèrent sensiblement de ceux retenus pour le calcul de l’acompte (variation de loyers, travaux importants, vacance locative), vous pouvez demander la modulation ou la suspension de l’acompte directement sur votre espace particulier sur impots.gouv.fr. La demande doit être motivée et fondée sur une estimation réaliste des revenus à venir. En cas d’erreur ou d’évolution, l’administration ajuste les prélèvements.
Conseils pratiques
- Vérifiez la base utilisée par l’administration : micro ou réel, et corrigez le cas échéant en changeant de régime lors de la déclaration si vous y avez droit.
- Gardez toutes les factures et justificatifs pour justifier les charges si vous êtes au réel.
- Contrôlez régulièrement votre taux personnalisé affiché sur votre espace en ligne, car c’est lui qui sert de référence pour le PAS.
- En cas de baisse temporaire de revenus (travaux longs, sinistre), pensez à suspendre ou réduire l’acompte pour préserver votre trésorerie.
Le calcul de l’acompte sur les revenus fonciers repose sur une règle simple : appliquer un taux PAS à une base imposable qui dépend du régime fiscal choisi (micro-foncier ou réel). Les prélèvements sociaux viennent s’ajouter au calcul. En connaissant vos loyers, vos charges et votre taux personnalisé, vous pouvez facilement vérifier le montant prélevé et demander une modulation si nécessaire. Pour toute incertitude, utilisez le simulateur officiel et, si besoin, consultez un professionnel (expert-comptable ou conseiller fiscal) pour optimiser votre situation.





