Guide prêt relais
- Couverture financière : le prêt relais sec peut combler l’écart entre vente et achat mais dépend du LTV et du calendrier.
- Conditions et coûts : vérifier l’estimation, le LTV, la durée, le taux, les frais et l’assurance pour mesurer le risque financier.
- Simulations prudentes : multiplier les scénarios sur trois délais, prévoir une marge de sécurité et envisager alternatives si la vente traîne.
Le carrelage de la cuisine porte encore les traces du chantier et vous avez la clé du nouveau logement en poche. Vous calculez votre budget et vous vous demandez si le prêt relais peut combler l’écart entre la vente du bien actuel et l’achat du nouveau. Le prêt relais peut effectivement combler cet écart, mais il comporte des conditions et des coûts qu’il faut bien maîtriser : durée, taux, frais, niveau de financement (LTV) et hypothèses de vente. Une simulation honnête, appuyée sur des chiffres réalistes, vous montrera l’écart net et le risque encouru.
Le prêt relais sec expliqué et les paramètres clés à vérifier
Le prêt relais sec est une avance consentie par la banque sur la valeur estimée de votre bien à vendre. Il est remboursé au moment de la vente. Contrairement au prêt relais adossé (où une partie du produit de la vente est séquestrée ou un mécanisme sécurise la banque), le relais sec laisse plus de flexibilité mais peut présenter un risque de renouvellement ou de frais supplémentaires si la vente prend du retard. Avant de simuler, vérifiez les éléments suivants : l’estimation de la valeur du bien, le pourcentage de LTV proposé, la durée maximale du relais, le taux d’intérêt appliqué et l’ensemble des frais et assurances.
Paramètres à saisir dans un simulateur
Pour obtenir une estimation réaliste, renseignez ces paramètres dans votre simulateur :
- Valeur estimée du bien à vendre (prix net vendeur attendu).
- Pourcentage de financement (LTV) que la banque accepte.
- Taux d’intérêt annuel du prêt relais et mode de calcul des intérêts (mensuel, trimestriel).
- Durée prévue du relais (ex. 6 ou 12 mois) et conditions de renouvellement.
- Montant des frais de vente (frais d’agence, éventuelles diagnostics, frais notariaux à prévoir), frais de dossier et coût de l’assurance emprunteur.
- Montant du nouvel achat et apport personnel disponible.
Que signifie LTV et comment l’interpréter ?
Le LTV (loan-to-value) indique la part de la valeur du bien que la banque accepte d’avancer. Pour un relais sec, les banques pratiquent souvent un LTV compris entre 50% et 75% selon le profil, l’état du marché local et la qualité du bien. Plus le LTV est bas, plus vous devrez compléter par un apport personnel ou un prêt complémentaire. Un LTV élevé augmente votre couverture mais peut aussi impliquer des conditions plus strictes.
Simulation chiffrée : exemples concrets
Pour rendre les choses concrètes, voici une simulation simplifiée avec hypothèses claires. Valeurs arrondies et exemples à adapter selon votre dossier.
Hypothèses générales
- Valeur estimée du bien à vendre : 300 000 €
- LTV proposé : 65 % → montant brut relais = 195 000 €
- Frais de vente estimés (agent + divers) : 3 % → 9 000 €
- Frais de dossier + assurance emprunteur : ≈ 2 500 €
- Taux relais hypothétique : 3,5 % annuel (intérêts courus)
Scénario A — vente rapide (3 mois)
Montant brut relais : 195 000 €
- Intérêts sur 3 mois (approx. 3,5%/an) : 195 000 × 0,035 × 3/12 ≈ 1 707 €
- Frais + assurance : 11 500 € (9 000 + 2 500)
- Montant net disponible ≈ 195 000 − 1 707 − 11 500 = 181 793 €
Si votre nouvel achat coûte 180 000 € et que vous n’avez pas d’apport, le relais couvre l’achat dans ce scénario. Il reste toutefois peu de marge pour les frais complémentaires (notaire, travaux).
Scénario B — vente longue (12 mois)
- Intérêts sur 12 mois : 195 000 × 0,035 ≈ 6 825 €
- Frais + assurance : 11 500 €
- Montant net disponible ≈ 195 000 − 6 825 − 11 500 = 176 675 €
Avec un délai de 12 mois, le net a baissé d’environ 5 000 € par rapport à la vente rapide : la différence peut faire apparaître un besoin d’apport supplémentaire. Si le bien met plus d’un an et que la banque exige un renouvellement, attendez-vous à des frais additionnels et à un risque de renégociation du taux.
Risques, frais oubliés et alternatives
Les postes souvent oubliés : frais de notaire pour le nouvel achat, travaux de remise en état exigés par les acheteurs potentiels, impôts sur l’éventuelle plus-value, et le coût d’un relais prolongé. Si la simulation montre un écart, considérez ces alternatives :
- Apport personnel pour réduire l’emprunt complémentaire.
- Prêt relais + prêt in fine ou prêt relais adossé pour sécuriser une partie du financement.
- Vente en viager ou location temporaire si le marché local est lent.
- Négocier une clause de remboursement anticipé sans pénalité ou un délai de grâce avec la banque.
Conseils pratiques avant de signer
1) Demandez une estimation formelle et recentrée sur le marché local pour éviter de surestimer la valeur. 2) Calculez plusieurs scénarios (3, 6, 12 mois) pour mesurer l’impact des intérêts. 3) Prévoyez une marge de sécurité (5–10 % du prix) pour couvrir les imprévus. 4) Vérifiez les conditions de renouvellement et les pénalités éventuelles. 5) Comparez les offres de plusieurs banques et négociez les frais et le taux.
En résumé, le prêt relais sec peut couvrir l’achat si la vente est rapide et si les hypothèses (LTV, taux, frais) sont favorables. Une simulation prudente, avec des scénarios de vente lente et une marge tampon, permet d’éviter les mauvaises surprises. Prenez le temps de chiffrer précisément et d’évaluer les alternatives avant de vous engager.





